La magie rouge

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La magie rouge

Message par Creevs le Mer 17 Jan - 21:15

La magie rouge n'est pas une magie à part entière ; on ne la rencontre qu'associée à un rituelle le plus souvent issue de la magie cérémonielle. La magie du sang n'est, en fait, qu'un apport d'énergie dans un contexte rituel, même si certains rites ne peuvent (en apparence) être effectués sans elle. Sa fonction, tout en étant importante, reste cependant secondaire par rapport à la rituélie employée. Il est nécessaire de connaître, à ce propos, l'opinion de la tradition sur le sang, ce qui aidera à comprendre les diverses variantes de la magie rouge.

Le sang, ce liquide vital doué de très étranges propriétés en relation avec celles de l'eau et quelques rites de la magie lunaire, a fait l'objet de commentaires discrets dans toutes les traditions. A titre d'exemple, voici ce qu'en dit la Bible, Bible de Jérusalem, Editions du Cerf.

Genèse 9 : 4 et 9 : 5

«Seulement vous ne mangerez pas la chair avec son âme, c'est-à-dire le sang. Mais je demanderai compte du sang de chacun d'entre vous. J'en demanderai compte à tous les animaux et à l'homme, aux hommes entre eux, je demanderai compte de l'âme de l'homme.»

Deutéronome 12 : 13

«Garde-toi seulement de manger le sang, car le sang, c'est l'âme, et tu ne dois pas manger le sang avec la chair. »

Dans la tradition hébraïque, le sang est assimilé à l'âme ; dans d'autres croyances, le sang est la vie ou le réceptacle de l'étincelle divine qui habite l'homme. Simple question de vocabulaire, car la quasi totalité des traditions convergent. Le liquide nourricier a la réputation, quand il s'épanche, d'attirer irrésistiblement soit les puissances innommables qui résident dans le Chéol, soit les larves grouillantes qui peuplent le bas astral ou plus dangereusement les morts. Le texte
de Tony Faivre sur les vampires est sur ce point très précis (Les vampires, Tony Faivre, Editions Le Terrain vague, Paris 1962, page 27).

La croyance qu'un corps mort peut désirer ardemment le sang d'une vivante est un thème courant chez les auteurs grecs. Euripide représente Achille dans une armure dorée, debout sur sa tombe et apaisé par le sacrifice d'une jeune vierge dont il boit le sang. C'est aussi du sang, mais d'une brebis cette fois, que boivent avidement les ombres consultées dans L'Odyssée. A Corinthe, les enfants de Médéa avaient, dit-on, coutume après leur mort de tuer des nourrissons. Strabo,
Pausanias et Aellian racontent l'histoire de Temesa : le "démon" d'un compagnon de L'Odyssée tourmentait après sa mort la population de cette ville ; la pythie consultée déclara qu'il fallait offrir une fois l'an au héros la plus belle vierge de la cité... (Ce qui n'était pas un encouragement à la chasteté)

L'étude des mythes et des rites sanglants conduit tout naturellement à aborder le thème du vampirisme qui lui aussi appartient à la tradition magique.

Le vampirisme n'est pas ce que la vulgarisation et le cinéma en ont fait.

Le vampirisme est une opération magique qui s'exprime généralement sous deux formes. A un stade élémentaire, c'est une sorte de messe rouge, opération nécromancienne qui vise à appeler un "mort" en lui offrant durant de brefs instants le magnétisme vital, issu du sacrifice d'un animal ou d'un être humain. C'est l'épisode d'Ulysse dans L'Odyssée rappelant d'entre les morts le fantôme de Tirésias pour l'interroger. Cette cérémonie n'est en fait qu'un rituel de nécromancie amélioré.

Un grand nombre de bricoleurs de l'occulte passent leurs soirées de nos jours, à effectuer cette sorte de cérémonie dans les cimetières. Ces pseudos messes rouges dont ils se glorifient (!) ne donnent que des résultats très imparfaits et les risques encourus par ces modernes nécromanciens sont disproportionnés avec les bénéfices espérés, quand il y en a.

A un niveau plus élevé et surtout plus sophistiqué, le vampirisme est une opération rituelle destinée non pas à une simple évocation nécromancienne, mais à la création d'une chaîne vampirique, dont l'opérateur fait partie ! Bien que méconnus, ces rituels de vampires existent ; on en trouve quelques exemplaires soigneusement camouflés, sous une apparence banale dans de rares bibliothèques. Le but ultime pour l'opérateur travaillant à partir de ces textes, est de devenir
lui-même vampire, c'est-à-dire d'acquérir l'immortalité ou du moins une existence anormalement longue. Seulement le rituel ne suffit pas, une minutieuse préparation au niveau du mode de vie est nécessaire : le vampirisme n'est pas donné à tout le monde, il y a des prédispositions.

Pour en revenir à la magie rouge et au vampirisme, les rituels traitant de cet aspect particulier des sciences "discrètes" ainsi que les rituels plus secrets traitant de la résurrection et du transfert de conscience se rencontrent dans un grand nombre de civilisations. Le vampirisme est traditionnellement originaire de Transylvanie, la patrie de Dracula (qui a réellement existé et qui se nommait en réalité Vlad Dracull). Cette magie particulière provient des peuples Daces qui
occupaient ce territoire. Le vampirisme peu à peu s'est répandu en Macédoine, en Grèce et en Europe occidentale. La véritable tradition se retrouve encore dans certaines régions de Roumanie et curieusement dans la ville de Venise, où quelques familles conservent encore, peut être pas seulement dans leurs archives, la totalité de ces pratiques ! Les rituels de résurrection qui, eux, ne font pas toujours appel à la magie rouge sont plus spécifiques des traditions hébraïque et tibétaine; les transferts se rencontrent soit dans la magie arabe (mais très déformés, ce qui semble indiquer qu'ils ne sont pas originaires de ces peuples) soit dans la tradition magique du Tibet, de la Mongolie, plus particulièrement chez les Bön-po (les bonnets noirs). Il existe des équivalents dans la tradition occidentale, sous une forme moins empreinte de mysticisme.

Ces pratiques sont des domaines excessivement dangereux, où l'étudiant a de fortes chances de laisser sa raison ou sa vie. Il convient de n'aborder ces domaines qu'après une maîtrise totale, un long entraînement et une assimilation parfaite des bases classiques des arts magiques. La magie s'étend à d'autres domaines moins tragiques. Une grande partie de la médecine magique fait appel aux possibilités du sang. Le grand médecin alchimiste Paracelse et certains de ses continuateurs, Van Helmont ainsi que d'une manière plus éloignée le Chevalier Digby et plus près de nous Alexander Von Bernus, ont obtenu des résultats spectaculaires dans ces domaines où se mêlent les arts spagyriques, les traditions du golem et de la médecine chinoise.

En résumé :

La magie rouge est utilisée dans les rituels de :

1- Nécromancie (évocation des morts).
2- La Goétie, évocation des puissances des ténèbres...
3- Les rituels de résurrection.
4- Les rituels de réanimation d'une momie ou dans ceux des morts vivants d'Haïti.
5- Certains secteurs de la médecine spagirique.
6- Les rituels de création vampirique.
7- Les rituels de télématiques.
8- Quelques rituels d'envoûtement particulièrement redoutables.
Et d'une façon très secrète dans une discipline peu connue : la palingénésie.
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